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Fiche de l'ouvrage

Antonio de La Gandara, 1861-1917. Un témoin de la Belle Époque
L’art d’Antonio de La Gandara
Surnommé le gentilhomme peintre par Edmond de Goncourt, M. de La Gandara, reste célèbre pour ses portraits féminins. Ses débuts, dans la mouvance des Hydropathes et du Chat Noir, furent marqués par l’admiration vouée à Goya et Velásquez auxquels il emprunta la palette. Après sa rencontre avec Robert de Montesquiou, naquit sa vocation de peintre mondain. Dans ses représentations, il recherche en tout l’élégance: celle du costume, de l’attitude, de l’expression. Il utilise des colorations atténuées, des atmosphères qui enveloppent précieusement ses modèles. Inspiré par les ambiances de Whistler, il a été le peintre de la femme distinguée, habillée par les grandes maisons de couture telles Worth, Paquin, Chéruit… Il y a dans la traduction en pied de ses modèles, de la vaporeuse et svelte grâce anglaise à la Gainsborough. Ses personnages «semblent prêts à descendre de la toile tant ils sont vivants» et c’est pour cela que sa production était tant recherchée aux vernissages des grandes expositions. Le maître a peint la comtesse de Noailles, la princesse de Chimay, l’infante Eulalie, Sarah Bernhardt, la grande duchesse de Mecklembourg, la comtesse Greffulhe, madame d’Annunzio, la comtesse de Montebello, Liane de Pougy, madame Gautreau, Polaire et bien d’autres. Il a aussi excellé dans les pastels et nous a laissé de délicieuses natures mortes inspirées par Chardin et Ribot. On n’oubliera pas non plus sa vocation de peintre des jardins où il promena une mélancolie qu’il a bien traduite dans ses toiles du Luxembourg ou celles des parcs parisiens.

La Belle Époque d’Antonio de La Gandara
Paul Verlaine, Anatole France, Guy de Maupassant, Henri de Régnier, Jean Lorrain, l’espiègle Colette, couchent d’inoubliables lignes pour les bibliothèques tandis qu’Hugo disparaît. La structure d’Eiffel commence son ascension. Liane de Pougy, la Belle Otéro, Émilienne d’Alençon poussent à un art inégalé: le pouvoir des courtisanes. Goncourt ferme son journal avec les confidences de ses visiteurs. Sarah Bernhardt fait vibrer son public et Sardou accumule les monuments théâtraux. Debussy compose Pelléas et Mélisande. Saint-Saëns, l’enfant prodige, écrit sa Danse macabre et se produit dans les salons où le Tout Paris est convié. Éric Satie introduit ses Gymnopédies. À Montmartre, Rodolphe Salis, Aristide Bruant, Alphonse Allais animent les cabarets. André Gill ou Charles Cros, écrivent les mélodies que l’on fredonne toujours sans en imaginer l’âge. Henri Rivière introduit le théâtre d’ombres, tandis que Gallé, Lalique créent des œuvres inspirées.
Antonio de La Gandara, un être rare qui eut l’éloge mesuré de l’esprit et du cœur, est de ceux qui contribuent à notre admiration de la Belle Époque.
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